Stratégie et programmes du ministère chargé de l’environnement

  • Élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les espèces exotiques envahissantes

logo MEDDEDepuis 2009, la Direction de l’eau et de la biodiversité (DEB) du ministère en charge de l’écologie élabore une stratégie nationale afin de lutter contre les espèces exotiques envahissantes ayant un impact négatif sur la biodiversité.

Cette stratégie repose sur les engagements du Grenelle de l’environnement et la Convention sur la diversité biologique.

Pour la mise en œuvre de cette stratégie, la DEB s’appuie sur deux coordinateurs techniques et scientifiques qui sont le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et plus particulièrement le Service du patrimoine naturel (SPN), pour la faune et la Fédération des conservatoires botaniques nationaux (FCBN) pour la flore (Ménigaux et Dutartre, 2012). Les établissements publics comme l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), l’Office national des forêts (ONF) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) contribuent également à l’élaboration et au déploiement futur de cette stratégie.

Cette stratégie comprend différents volets :

  • la prévention de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes dans le milieu naturel ;
  • la constitution d’un réseau de surveillance ;
  • la conception et la mise en œuvre de plans nationaux de lutte ;
  • le renforcement de la police de la nature ;
  • le développement de la communication, de la formation et de la recherche ;
  • l’appui pour la mise en place de la règlementation.

La DEB a également choisi de s’appuyer sur un réseau d’expertise scientifique et technique qui pourra répondre à ses sollicitations sur les différents axes. Ce sont la FCBN et le MNHN qui sont chargés de constituer et d’animer ce réseau d’expertise (Ménigaux et Dutartre, 2012).

  • Programme « Invasions biologiques » (Invabio)

Ce programme a été instauré en 1999 par le ministère chargé de l’environnement. Son principal objectif était d’apporter des éléments pour une démarche de réflexion cohérente basée sur l’amélioration des connaissances (conceptuelles, théoriques et concrètes) relatives aux invasions biologiques et de proposer des outils d’aide à la gestion afin de prévenir, limiter ou éradiquer les espèces exotiques envahissantes (Barbault et Atramentowicz, 2010). (http://www.ecolab.ups-tlse.fr/invabio/accueil.html)

Les recherches à entreprendre dans le cadre de ce programme pouvaient suivre trois objectifs :

  • l’étude des mécanismes qui sous-tendent les phénomènes invasifs avec la prise en compte de l’évolution des populations invasives et la caractérisation du phénomène invasif, à savoir, prédire le potentiel d’une population à envahir une région ;
  • la perception socio-anthropologique des phénomènes invasifs et l’évaluation économique des invasions biologiques avec une démarche d’évaluation coûts-bénéfices d’une introduction et une analyse des coûts de la gestion de ces invasions ;
  • le contrôle et la gestion des phénomènes de type invasifs avec tout d’abord la mise au point d’une méthode d’évaluation des risques puis des propositions de techniques, d’expérimentations et d’évaluations d’un ou plusieurs modes de contrôle qui devront être adaptées aux modalités spécifiques de ces invasions et enfin, une évaluation des risques inhérents ou secondaires des techniques de contrôle appliquées à ces populations (Mazaubert, 2008).

Ce programme a permis de financer entre 2000 et 2006 une trentaine de projets de recherche portant sur une vaste gamme d’organismes et de processus. Les principaux résultats de ces projets ont été présentés lors du colloque de restitution organisé à Moliets (Landes) du 17 au 19 octobre 2006. Ce colloque avait également pour objectifs de proposer des recommandations en termes de recherche et de gestion en vue d’apporter des aides à la décision pour les politiques publiques. (http://centrederessources-loirenature.com/mediatheque/especes_inva/telechargements/evenementiel/publication_invabio.pdf)

Il a également permis l’édition d’un ouvrage faisant le point sur la situation de cette problématique en France, ouvrage s’appuyant sur l’ensemble des projets financés (Barbault et Atramentowicz, 2010).

Le Muséum national d’Histoire naturelle et la Fédération des conservatoires botaniques

logo-mnhnAfficher l'image d'origineDans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, le MNHN et la FCBN ont été nommés coordinateurs techniques pour appuyer la DEB. Leurs missions principales sont :

  • l’animation d’un réseau d’expert sur les espèces animales et végétales introduites invasives, permettant de renforcer les connaissances sur plusieurs groupes taxonomiques. Ce réseau appuie également les coordinateurs dans les démarches scientifiques à des fins réglementaires et pour différents projets relatifs aux EEE ;
  • la proposition d’une structuration d’un réseau de surveillance du milieu naturel faisant état des lieux de 2011 (Thévenot et Leblay, 2014) (http://spn.mnhn.fr/servicepatrimoinenaturel/rapports.html). Ce rapport sera mis à jour au vu des avancées nationales et du règlement de l’Union européenne ;
  • la réalisation d’une méthode de priorisation des EEE pour des actions de gestion, surveillance, et de suivi. En ce qui concerne la faune, la liste des vertébrés introduits (Thévenot, 2014) au niveau national (étape 1) est disponible sur le lien cité ci-dessus. La prochaine étape consiste à évaluer le caractère invasif de l’espèce ; la dernière sera de proposer des actions à mener sur ces espèces (méthodologie de hiérarchisation). Actuellement, il existe un plan national de lutte sur l’Écureuil à ventre rouge (Callosciurus erythraeus), sur le Frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) et un plan européen sur l’Érismature rousse (Oxyura jamaicensis).
  • la rédaction d’un document cadre sur des définitions relatives aux invasions biologiques (Thévenot et al. 2013) : disponible sur le lien cité ci-dessus, est un recueil d’informations issues de la bibliographie et des communications des experts.
  • l’appui scientifique au ministère dans des projets de règlementation nationale et internationale (arrêté vertébrés, carpes asiatiques, Réunion, Anses, DCSMM, règlement de l’UE etc.) ;
  • la diffusion de la stratégie nationale dans des groupes de travail, colloques nationaux et internationaux, conférences, commissions, et de la thématique en général lors des journées de formation comme l’Atelier technique des espaces naturels (ATEN), des journées évènementielles (fête de la science…).