Mondial

Les espèces exotiques envahissantes ont contribué à 40% des extinctions d’espèces enregistrées depuis les 400 dernières années (CDB, 2006).

Selon les dernières évaluations de la Liste rouge mondiale de l’UICN, les espèces exotiques envahissantes constituent une menace pour 32% des oiseaux, 30% des amphibiens, 20% des reptiles17% des mammifères terrestres et 15% des mollusques inscrits dans les catégories d’espèces menacées. Elles constituent à ce titre la troisième pression en terme d’intensité s’exerçant sur les espèces menacées au niveau mondial.

La perte économique mondiale due aux espèces exotiques envahissantes a été estimée à 5% de la production mondiale (Pimentel et al., 2002).

Le coût économique mondial des insectes exotiques envahissants a été estimé à 69 milliards d’euros par an (Bradshaw et al., 2016).

Les eaux de ballast constituent un vecteur très important d’espèces marines à l’échelle planétaire : plus de 10 000 espèces seraient concernées (Bax et al., 2003).

Mnemiopsis leidyi_Petra Urbanek
Mneiopsis leydyi est un cténophre carnivore accidentellement introduit en Mer noire par les eaux de ballast. Il a récemment été découvert dans l'étang de Thau (Hérault).

À l’échelle mondiale, une étude récente a montré que le taux d’introduction des espèces a fortement augmenté au cours des deux siècles derniers (Seebens et al., 2016) et qu’il est largement attribué à l’accélération des échanges commerciaux et du transport des biens et des personnes au XXe siècle. Pour la plupart des groupes taxonomiques, l’évolution du nombre d’espèces exotiques ne montre aucun signe de saturation et même une augmentation pour certains.

Europe

La base de données du programme européen DAISIE recense plus de 12 100 espèces introduites volontairement ou non par l’homme en Europe. Parmi ces espèces, environ 1 000 sont considérées comme envahissantes.

Les plantes terrestres sont de loin les espèces les plus communes et représentent plus de la moitié de l’ensemble des espèces présentes en Europe (plus de 6 500 espèces). Elles sont suivies des invertébrés terrestres (plus de 2 700 espèces). Les espèces aquatiques marines sont elles aussi relativement nombreuses, avec près de 1 000 espèces exotiques. Les vertébrés terrestres sont quant à eux bien moins représentés avec seulement quelques centaines d’espèces dans l’Union européenne.

reynoutria-japonica-3-6-07-007_spigest
Les renouées asiatiques sont largement répandues dans l'Union européenne.

Ce même programme a estimé que 11 % des EEE présentaient des impacts écologiques négatifs et 13 % des impacts économiques négatifs.

Le nombre d’EEE en Europe aurait augmenté de 76 % depuis les années 1970 (Commission européenne, 2016).

L’évaluation des coûts annuels des dommages et des interventions de gestion des EEE à l’échelle européenne en 2008 dépassait 12 milliards d’euros (Kettunen et al., 2008).

Sur l’ensemble des mers européennes, environ 1 460 espèces marines introduites ont été répertoriées (EASIN, 2015). En milieu marin, 44 % des introductions sont dues aux navires (commerce et plaisance), 33 % aux canaux et 13 % à l’aquaculture (Nunez et al., 2014).

En Europe, 86 % des arthropodes exotiques introduits en Europe l’ont été de manière fortuite (Rabitsch, 2010).

À l’échelle européenne, l’étude d’impact du Règlement européen n°1143/201 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des EEE préoccupantes pour l’Union européenne estimait à 8 le nombre annuel moyen de nouvelles introductions d’EEE sur le territoire européen depuis 1700 (Commission européenne, 2013).

France métropolitaine

A l’échelle de la France métropolitaine, l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense 1 379 espèces de plantes exotiques et 708 espèces exotiques de faune.

La France apparait comme l’un des pays européens possédant le plus grand nombre d’espèces introduites pour la majorité des groupes biologiques (DAISIE, 2009). Ce constat est à mettre en relation d’une part avec l’accroissement des transports, du commerce, du déplacement des biens et des personnes et d’autre part avec le fait que quatre des cinq principales zones biogéographiques européennes (atlantique, continentale, méditerranéenne et alpine) sont présentes sur le territoire métropolitain.

38 % des espèces végétales d’eau douce introduites en France l’ont été pour des raisons ornementales et 29 % d’entre elles sont des plantes utilisées en aquariophilie (Muller, 2004). En métropole, 44 % des 43 espèces de poissons introduites sont naturalisées et, parmi celles-ci, près de la moitié ont été introduites pour la pêche de loisir (Keith  & Allardi, 1997).

Pour la métropole, un nouvel indicateur développé pour l’Observatoire national de la biodiversité à partir d’une sélection de 84 EEE révèle que sur les 40 dernières années, un département français voit s’installer en moyenne tous les dix ans cinq nouvelles EEE (Touroult et al., 2016).

Myriophyllum aquaticum - Alain Dutartre
Le Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) a longtemps été utilisé comme plante d'ornement. Il est interdit d'utilisation (commerce, transport, etc.) et d'introduction dans le milieu naturel depuis 2018.

Concernant les espèces marines, la France est le 3ème pays qui compte le plus grand nombre d’introductions recensées, après Israël et la Turquie. 50 % de ces introductions seraient expliquées par le développement de l’aquaculture (Nunez et al., 2014).

Outre-mer

moora_island_julie-daniel

Selon la Liste rouge de l’UICN, les espèces exotiques envahissantes constituent une menace pour 45% des espèces considérées comme menacées (classées CR, EN, VU) dans les collectivités françaises d’outre-mer. Elles sont impliquées dans 53% des extinctions d’espèces recensées dans ces territoires.

Près de 400 espèces introduites de flore et de faune envahissent les milieux naturels d’outre-mer (UICN France 2017 – base de données sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer).

60 espèces figurant sur la liste établie par l’UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde sont présentes dans les collectivités françaises d’outre-mer (ONB 2016).

En savoir plus sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer : consultez le site internet de l’initiative dédiée à ce sujet.

https://especes-envahissantes-outremer.fr/wp-content/uploads/2018/04/logo-uicn6.png

Contacter le Centre de ressources EEE

Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter. Vous reviendrons vers vous le plus rapidement possible. Cordialement, l'équipe de mise en oeuvre du Centre de ressources EEE.

Not readable? Change text. captcha txt
0
X