Depuis 2013, un groupe de travail s’est constitué pour travailler spécifiquement sur les questions de gestion de certaines des espèces immergées, très largement considérées comme invasives en France comme dans nombre d’autres régions du monde, de cette famille de plantes : Egérie dense (Egeria densa), Elodée de Nuttall (Elodea nuttallii), Grand lagarosiphon (Lagarosiphon major).

Les difficultés de gestion de ces espèces se sont accrues au fur et à mesure de leur dispersion en métropole.

Si vous souhaitez participer aux travaux de ce groupe en apportant vos informations et les difficultés de gestion auxquelles vous êtes confrontés, contactez nous.

Lagarosiphon major - Alain Dutartre
Lagarosiphon major - Alain Dutartre

Les Hydrocharitacées

Cette famille de plantes aquatiques comporte une vingtaine de genres et environ 120 espèces principalement réparties dans les régions tropicales ou subtropicales du globe, même si certaines d’entre elles, comme l’Elodée du Canada (Elodea canadensis), sont capables de s’installer loin vers le Nord. Parmi ces genres, trois sont exclusivement marins.

Elle rassemble des espèces vivaces ou annuelles, flottantes ou immergées, à la morphologie très diversifiée : il n’est pas évident, au premier regard, d’admettre que l’Elodée du Canada, le Faux aloès (Stratiotes aloides), la Grenouillette ou Morène (Hydrocharis morsus-ranae), la Vallisnérie (Vallisneria spiralis) ou encore la Grande naïade (Najas marina) appartiennent à la même famille de plantes.

Elodea canadensis - DR
Elodea canadensis - DR
Lagarosiphon major - Alain Dutartre
Lagarosiphon major - Alain Dutartre
Hydrocharis morsus-ranae - DR
Hydrocharis morsus-ranae - DR
Vallisnérie - Vallisneria spiralis - DR
Vallisnérie - Vallisneria spiralis - DR
Najas marina - Grande naïade - DR
Najas marina - Grande naïade - DR
Egeria densa - Emilie Mazaubert
Egeria densa - Emilie Mazaubert
Hydrilla verticillata - USDA
Hydrilla verticillata - USDA
Egeria densa - Emilie Mazaubert
Egeria densa - Emilie Mazaubert

En effet, quelle différence entre, par exemple, les feuilles flottantes de moins de 5 cm de diamètre en forme de cœur de la grenouillette et les innombrables feuilles immergées, allongées et étroites, accrochées le long de tiges pouvant dépasser plusieurs mètres de longueur du Grand lagarosiphon (Lagarosiphon major) ou de l’Egérie dense (Egeria densa) !

Des difficultés de gestion

Depuis les années 70, certaines de ces espèces sont clairement perçues en métropole comme invasives : il s’agit en particulier du Grand lagarosiphon et de l’Egérie dense dont les colonisations en herbiers très denses de plans d’eau ou de cours d’eau lents de l’Ouest et du Sud-Ouest de la France ont causé depuis cette époque des nuisances notables vis-à-vis des usages de ces milieux. Ces deux espèces ont cependant été précédées en tant qu’espèces invasives par l’Elodée du Canada, introduite en Europe de l’Ouest au milieu du XIXème siècle, où elle a causé des difficultés pendant plusieurs décennies avant de régresser.

Les deux espèces de la fin du XXème siècle déjà citées ne sont pas les seules considérées comme invasives, une autre espèce d’élodée, l’Elodée de Nuttall (Elodea nuttallii) présente elle aussi une dynamique de colonisation très importante en métropole.

Toutefois leur extension importante depuis cette époque, leurs capacités de colonisation de divers types de milieux aquatiques ont obligé des gestionnaires à intervenir sur certains sites pour réguler ces deux espèces de manière permanente depuis plus de deux décennies (voir par exemple les expériences de gestion menées dans les Landes, en Irlande, en Vendée et en Charente-Maritime). Si l’extension géographique du Grand lagarosiphon paraît relativement lente, il n’en est pas de même pour l’Egérie dense qui, depuis quelques années, colonise de nouveaux milieux depuis les Landes jusqu’aux Pays de la Loire. Lacs et étangs aquitains où elle semble remplacer progressivement le Grand lagarosiphon, canal de Marans et partie aval du fleuve Charente, rivières Thouet et Vendée, rivière Erdre, canal de Nantes à Brest, autant de milieux où sa gestion est envisagée ou déjà engagée par les gestionnaires concernés.

Egeria densa - Canal de Marans - Alain Dutartre
Egeria densa - Canal de Marans - Alain Dutartre
Lagarosiphon lajor - Etang Blanc (40) - Alain Dutartre
Lagarosiphon major - Etang Blanc (40) - Alain Dutartre

La naissance et l’évolution du groupe

En 2012, les études en cours sur la gestion de l’Egérie dense sur la rivière Vendée en aval de Fontenay-le-Comte (Agrocampus Ouest, FDAAPPMA Vendée) et sur les caractéristiques de colonisation de cette même espèce sur la rivière Thouet (SMVT, Irstea, UCO), et la coopération scientifique préexistante entre les équipes les réalisant, ont amené à poser la question de la mise en place d’un groupe de travail portant sur cette espèce.

A la suite d’une proposition de Jacques Haury (Agrocampus Ouest), une réunion tenue sur le Thouet fin 2012 a permis des échanges de préfiguration de ce groupe. Une première réunion “officielle” organisée par Roland Matrat (Dreal Pays de la Loire) a eu lieu le 19 janvier 2013 à Nantes. Elle a réuni une quinzaine de personnes issues pour la majeure partie des Pays de la Loire et de Poitou-Charentes. Elle a permis la création “formelle” de ce groupe. Les discussions sur ses objectifs de travail ont abouti, d’une part, à l’élargir aux autres espèces immergées d’Hydrocharitacées, y incluant donc, a priori, le Grand Lagarosiphon et l’Elodée de Nuttall, en complément de l’Egérie dense, et d’autre part à ne pas le restreindre géographiquement car ces espèces sont déjà largement répandues en métropole. Une des principales raisons de cet élargissement à plusieurs espèces a été que le groupe de travail était tourné vers la gestion et que les techniques d’interventions sur ces espèces étaient les mêmes pour les trois espèces aux tiges feuillées immergées et fragiles.

La rivière Thouet colonisée par l'Egérie dense (Deux-Sèvres)
La rivière Thouet colonisée par l'Egérie dense (Deux-Sèvres)
Réunion sur le terrain des gestionnaires du Thouet et des partenaires scientifiques (AgroCampus, Irstea)
Réunion sur le terrain des gestionnaires du Thouet et des partenaires scientifiques (AgroCampus, Irstea)

L’objectif général de ce groupe est donc de rassembler des gestionnaires et des chercheurs sur des objectifs partagés concernant la gestion de ces Hydrocharitacées. Cette réunion a été la première occasion d’une présentation de la situation et des actions en cours sur différents sites de la Bretagne à l’Aquitaine. Elle a aussi porté sur une proposition d’un programme d’actions comportant l’animation du groupe et la mise en place de deux stages en 2013 sur les programmes Vendée et Thouet, dans la perspective d’une demande de financement à effectuer auprès de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.

Trois autres réunions ont eu lieu depuis :

  • 20 novembre 2013 (Nantes),
  • 16 janvier 2014 (Fontenay le Comte),
  • 17 décembre 2014 (Nantes).

Hormis les comptes rendus de ces réunions, diffusés aux membres du groupe, un tableau de bilan synthétique des études et actions réalisées sur les différents sites répertoriés a été mis à jour depuis la première réunion. Par ailleurs, les différentes présentations qui ont eu lieu lors des réunions et différents documents disponibles sur ces espèces et les actions en cours (mémoires de stage, rapports techniques, articles scientifiques, etc.) ont été stockés sur le site extranet de la Dreal à la disposition des membres du groupe.

La mise en route de ce groupe a été présentée dans le cadre IBMA et lors de manifestations telles que les “Journées espèces invasives” à Tours”, les 29 et 30 octobre 2013, où Roland Matrat en a exposé les caractéristiques (“Partenariat science et gestion : exemple des Hydrocharitacées de la Bretagne à l’Aquitaine”).

La réunion de décembre 2014 a été l’occasion de débuter l’intégration du sud-est de la métropole dans les réflexions du groupe puisque, à la suite de contacts dans le cadre IBMA avec le Conseil général de l’Hérault, des informations sur un plan de gestion concernant le Grand lagarosiphon et l’Egérie dense, respectivement dans les retenues du Salagou et des Olivettes de ce département, ont pu être fournies aux membres du groupe.

Et maintenant ?

La réunion de décembre 2014 a confirmé l’intérêt du groupe, permis de compléter les informations sur différents sites et listé les suivis ou actions à poursuivre ou engager. Le tableau de synthèse va être actualisé et il lui sera adjoint des données sur les coûts engagés (études et interventions) et les contacts des interlocuteurs sur chaque site.

L’animation du groupe assurée jusque-là par Roland Matrat va être temporairement assurée par Alain Dutartre en partenariat avec la Dreal.

La présente page d’information sur l’existence et les objectifs de ce groupe est donc une offre d’ouverture aux gestionnaires concernés par ces espèces en métropole et outre-mer, désireux d’échanger questions et informations sur ces espèces et leur gestion, dans le contexte IBMA.

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